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dimanche 24 mai 2020

Si je reste de Gayle Forman

Auteur: Gayle Forman
Éditeur: Pocket

Collection: /

Parution: 15 avril 2010
Nombre de pages: 192 pages

Synopsis:

Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis vient l’accident de voiture. Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses supéfiantes : d’abord, elle entend tout ce qu’on dit autour de son lit d’hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir. C’est à elle de décider. Un choix terrible quand on a 17 ans.

Si je reste est une merveilleuse histoire d’amour, mais aussi un livre qui nous fait réfléchir à l’essentiel, à la place de l’amour et du bonheur, à tous ces liens avec nos proches auxquels on s’habitue et qui sont pourtant le vrai trésor de nos vies.

Avis :

Si je reste , c’est l’histoire de Mia, jeune fille de 17 ans, passionnée de violoncelle et douée de surcroît qui se retrouve victime d’un accident de la route avec sa famille. Elle assiste, totalement impuissante, à l’arrivée des secours, peut voir les autres, mais les autres ne la voient pas. Ainsi, commence les heures les plus longues de sa vie.
Mais rien n’est joué. Tout est entre ses mains, c’est son choix. Vivre ou mourir ? Mia voit affluer sa meilleure amie, ses grands-parents paternels à son chevet, mais surtout il y a Adam. Son petit ami rock star. Par flash-back elle revit leur relation, de ses balbutiements à son dénouement. Adam et Mia sont très proches, même s’ils n’ont pas le même univers musical, ils se comprennent, s’aiment. Leur relation nous attendrit, nous fait sourire, rire, fondre même. Mais voilà, Mia est une fille timide qui a peur de se jeter dans l’inconnu et Adam, c’est un peu l’inconnu. Il mène le même genre de vie que ses parents, parents qu’elles adorent, mais dont elle se sent très différente, elle est un peu à part dans cette famille. Ses parents étaient eux fans de rock’n’roll et d’un tempérament extraverti.
Mia est tout le contraire. Mais cela ne les empêche pas de former une famille unie, aimante car Mia est aimée ça ne fait aucun doute. Grâce à Adam, elle sort de sa coquille. Elle ose enfin se laisser aller sans se poser de question. Leur relation est belle, fusionnelle. Toute sa famille décide de rendre visite à des amies. Mia attend la réponse de Julliard, mais se laisse convaincre de les accompagner, elle ne sait pas encore que c’est le dernier voyage qu’ils feront tous ensemble.

Je dois dire que je suis une fan des flashs back dans les romans comme dans les films, parce que ça apporte plus d’intensité au récit, ça donne plus de profondeurs aux émotions, plus de reliefs. Ainsi, on comprend mieux ce que les personnages ressentent parce qu’il a toujours derrière nos sentiments une résonance particulière liée à un souvenir, une musique, de gestes, un regard, un bruit … On navigue un peu en terre inconnue, on essaie de reconstituer les morceaux de l’histoire comme un puzzle, un puzzle particulièrement prenant. Mois après mois, on suit la relation de Mia et d’Adam tout comme l’évolution de l’état de santé de Mia heure après heure. Et ces deux personnes nous touchent, nous heurtent par la beauté et la pureté de leurs sentiments, ce sont deux adolescents après tout, qui pensent avoir la vie devant eux et qui s’aiment profondément. On est dans une course à la montre.
On navigue dans les souvenirs de Mia qui n’ont qu’un seul but : lui permettre de choisir. Parce que rester sera dur après un tel accident, et il lui faudra se battre pour continuer à vivre. Et puis, il y a Adam, son premier amour qui est là, à son chevet, et qui est la supplie de ne pas l’abandonner, parce que si elle reste, Adam lui jure qu’il ira à New York avec elle. Mais pour cela, il faut qu’elle ouvre les yeux. Il lui a même composé une chanson, rien que pour elle, comme une ode à la vie. Adam ne baissera pas les bras.
Ce roman traite de bien des sujets, du premier amour, des rêves, de la relation parent-enfant, mais il parle surtout de la Vie avec un grand « V ». Parce que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille .

« Si je reste », c’est un concentré d’émotion , c’est un roman réaliste, dramatique sans tomber dans un travers pathétique. Gayle Forman ne cherche pas à en faire des tonnes, elle a une plume fluide, juste et efficace qui parle au plus grand nombre . Parce qu’au sortir de cette lecture, vous vous interroger vous-même sur la mort, sur la vie, sur les gens que vous aimez. Vous vous posez des questions. Et si l'on était à la place de Mia, comment réagirait-on ? Quel choix ferions-nous ?
Mia est une rebelle à sa façon, aussi bien dans sa façon d'être que dans sa façon d'encaisser tout ce qui lui arrive. Elle est unique, elle s'affirme, elle n'a pas peur de sa différence, elle n'a pas peur d'avancer. Elle reste forte, et ça, c'est surtout grâce à Adam. Adam est le petit ami dont toutes les jeunes filles veulent tomber amoureuses, tout comme Edward, Jacob ou Peeta avant lui. Mais sa grande différence, c'est qu'il semble réel, il n'y a rien dans sa description qui fait de lui quelqu'un d'exagéré au point d'en être ridicule. Il aime Mia d'une force qui transperce le livre et c'est ça le coeur de l'histoire, car il est la seule chose concrète qui retient Mia en vie. On a la démonstration dans ce livre de toute la force que peut donner un amour véritablement solide, l'amour de deux personne dont l'alchimie est parfaite, qui sont en harmonie malgré leur différence apparente.
Pour conclure, c'est un magnifique roman que je conseille à tous.
Note:  coup de coeur

samedi 24 octobre 2015

Hush, Hush de Becca Fitzpatrick

Auteur: Becca Fitzpatrick

Editeur: Pocket

Collection: /

Parution:  2011
Nombre de pages: 364 pages

Synopsis :

Son nom affole toute les jeunes filles du lycée. Patch est beau, ténébreux, sulfureux. Mais lui ne voit que Nora... qui s'en passerait bien. Pacht semble en savoir long, trop long sur son compte: la mort de son père, son manque d'assurance, la moindre de ses pensées.... L'attention qu'il lui porte la fascine, l'inquiète.
Qui est vraiment ce garçon ?
Est-il lié aux incidents bizarres qui se multiplient autour d'elle ?
Portland se fait bientôt le théatre d'un combat vieux comme le monde. En suivant cette gueule d'ange jusqu'aux portes de la mort, la lycéenne risque bien de se brûler les ailes....
 
Avis : 

Nous suivons une jeune fille du nom de Nora Grey. Elle et sa meilleure amie, Vee, sont inséparables ! 

Nora s'aperçoit très vite que Patch cache quelque chose. Il en sait beaucoup trop sur elle et se comporte de manière bizarre et depuis qu'elle l'a rencontré il n'arrive que des problèmes à la jeune fille ! Il y a de quoi devenir folle !L'écriture de l'auteure est simple, fluide, sans accroc et sans longueur. On entre dans l'histoire dès le début et les pages se laissent tourner très facilement.Nora est une jeune fille plutôt banale. Elle vit sa vie comme elle le peut depuis le décès de son père et grâce à Vee elle passe du bon temps comme une adolescente normale.

Vee est plus qu'une amie pour Nora, les deux jeunes filles ne se cachent rien ! Elles sont comme sœurs et pourtant elles ne se ressemblent pas, aussi bien physiquement que mentalement. Vee est plus ouverte, joueuse et fonceuse tandis que Nora reste plus souvent sur ses gardes. J'ai adoré le personnage de Vee qui met de la fraîcheur dans le roman !

Patch, le meilleur pour la fin... La définition même du bad boy ! Ténébreux, charmeur, mystérieux, insaisissable, arrogant, avec un humour jouissif ! Je l'adore ! On sait ce qu'il est dès le début, suffit de lire le titre donc aucune surprise mais découvrir ce jeune homme et ses différents facettes au fil des pages est vraiment très intrigant ! Leurs échanges sont tellement drôles à tous les deux !

Le mythe des anges est abordé mais pas assez un mon goût, j'apprécierai une plus ample découverte dans les tomes suivant.

Le premier tome de la série des anges déchus est un tome qui met tout en place, j'espère vraiment découvrir un second tome plus inattendu !



Avis: 4,25/5

mercredi 20 mai 2015

Lettre d'une inconnue et le joueur d'échecs de Stephan Zweig

Lettre d'une inconnue de Stephan Zweig 
 

Auteur : Stephan Zweig .
Editeur : Pocket  .

Collection : / .


Parution : janvier 2013 .
Nombre de pages : 127 pages .


4ème de couverture :


Lettre d'une inconnue ;

Le jour de son anniversaire, le célèbre romancier R. reçoit un étrange courrier.
Dans une lettre déchirante de sincérité, une inconnue lui raconte son existence, et lui confesse l'amour sans borne qu'elle lui voue.
Bientôt, le voile se lève sur l'identité de cette mystérieuse confidente, qui ne lui est peut-être pas si inconnue que cela.


Le joueur d'échecs ;

Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons .



Avis : 

Lettre d'un inconnue



Un livre très court, entre la nouvelle et le roman, qui se lit très rapidement.

Je dois dire que l’auteur m’a grandement impressionné. Il a réussi à faire évoluer un sentiment d’une façon si méthodique en seulement quelques pages. Et ce n’est pas n’importe quel sentiment qui se développe. Ici on assiste à la transformation d’un petit béguin que n’importe qui pourrait éprouver pour un inconnu, qui se transforme peu à peu en un amour fanatique. Un amour qui la ronge à travers les années.

Vu le thème, je ne m’attendais pas à ressentir les même sentiments que notre héroïne anonyme. Pourtant, son chagrin face à cet amour à sens unique se ressent tellement à travers le récit, que l’on ne peut que ressentir de la compassion pour elle. En vérité, j’ai rarement été aussi ému par un texte.

La façon dont l’histoire nous est racontée, est encore un point que j’ai beaucoup aimé. En effet, on vit cette histoire à travers la longue lettre qui est envoyé à l’écrivain R. On suit donc avec précision,
malgré le peu de pages, l’histoire est l’évolution de notre protagoniste inconnue. De son amour qui naît avant même son adolescence et qui devient à travers le temps, une obsession qui la hante et la chagrine au point de n’avoir plus de vie, de devenir une ombre. Et c’est un chagrin qui se ressent à travers les lignes. Chagrin pour amour qui n’est pas réciproque, chagrin pour cet homme qui lui semble inaccessible, chagrin de n’être jamais reconnue. 
J'ai adoré cette histoire. Pauvre jeune femme désespérée, pauvre mère désormais sans enfant, pauvre âme innocente jamais réconfortée.
Je dirais que c'est un texte qui est à la fois beau et douloureux. Beau pour la profondeur des sentiments, leur justesse. Douloureux, parce que la détresse de la narratrice est palpable. 

Une histoire touchante qui mérite d'être lue, en souvenir de cette femme, qu'elle ait existé ou pas. Je compte bien me lancer dans la lecture des romans du même auteur.

Note : 4,25/5

Le joueur d’échecs


J'ai tout d'abord très apprécié le style d'écriture de Zweig. Une écriture fluide et facile d'accès. Les mots coulent vraiment comme de l'eau, malgré les sujets évoqués.

L'histoire traite de la curiosité qu'une personne classique peut avoir à comprendre comment un jeu aussi austère et prévisible que les échecs soit aussi intéressant et même obsédant, de différentes manières, pour certaines personnes douées pour ce jeu.

L'histoire traitera aussi de la confrontation de deux joueurs totalement opposés dans leur manière de jouer et leur façon d'être. L'un calme, lent, doué seulement pour les échecs et ignorant du reste du monde, alors que l'autre frénétique doué par nécessité de ne pas devenir fou en restant enfermé.

L'auteur arrive à décrire formidablement à sa
façon ce que l'on peut ressentir et devenir quand on est enfermé.
Sur le fond très présent de la torture et la persécution nazi, l'auteur nous montre sans surplus et avec justesse la torture subtile et pernicieuse que pratiquait les nazis.
Par chance ou malchance, à vous de voir, le héros trouvera une fissure mentale de sortie dans lequel il s'engouffrera.

On se laisse emporter par le récit du 'joueur', par la description de la manière dont il en est arrivé là...
Zweig explore les limites et les dépassements du cerveau humain; au final on ne sait même plus si on doit plaindre ou envier cet homme! Les sujets paraissent peut être peu intéressant mais je vous assure que l'auteur a vraiment un don pour vous intéresser à des sujets qui ne vous attirerais pas de premier abord. On compatit avec les personnages, on se met même facilement à leur place.

L'avantage aussi c'est que c'est assez court pour un roman et assez long pour une nouvelle.

Pour ceux et celles qui n’auraient pas déjà lu ce classique, je ne peux que chaudement le recommander.

Note : 4/5